Pour les exclus de l'art contemporain, les start-up veulent en démocratiser l'accès

Page d'accueil de art:i:curate, start up artistique américaine qui promeut le financement participatif
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La Foire internationale d'art contemporain (FIAC) s’est achevée le 23 octobre à Paris. Une vitrine chic du marché de l'art entraînée depuis les années 90 dans la spirale de l'investissement alternatif. Les galeries en ligne arriveront-elles à bousculer ce modèle étouffant ?

Une poignée d'acheteurs a fait le succès de cette édition de la Fiac. La foule des 70 000 visiteurs n'était que des figurants. Sans compter ceux qui ont été rebutés par les 35 euros d'entrée. Pour combien de temps ?

 

L'art pour tous sans complexe

Certaines start-up affichent une double volonté de démocratiser l'accès à l'art et de faire en sorte que les artistes puissent en vivre. La base de données AngelList recense plus de 1 500 structures qui imaginent notre rapport à l'art autrement.

  • KAZoART, lancée en France en 2015, fédère des communautés de e-collectionneurs qui partagent des choix esthétiques à contre-courant de l'art contemporain "officiel". Une technologie innovante d’aide à l’achat en ligne intègre virtuellement l’œuvre aux différents espaces intérieurs. D'autres sites proposent la location d'oeuvres avant achat.
  • art:i:curate renouvelle le rapport collectionneur / créateur grâce au financement participatif d’une œuvre. Un système qui permet aussi de toucher une commission sur sa vente.

Ces offres accompagnent les clients dans le choix d’une œuvre abordable financièrement (à partir de 80 euros environ). Les promoteurs de ce nouvel âge de l’art argumentent simplement sur la qualité des œuvres et l'éventail de choix proposé. Objectif : dépasser le modèle de la légitimation culturelle et marchande venue d'en haut.

 

Fiac 2016. Barry Flanagan : Drummer, bronze, 1996. Courtesy Waddington Custot gallery, Londres. Photo Christophe Dorny
Fiac 2016. Barry Flanagan : Drummer, bronze, 1996. Courtesy Waddington Custot gallery, Londres. Photo Christophe Dorny

 

L’achat d'art sur image

Ces entreprises profitent du changement d'habitude de consommation. L'achat d'art en ligne sur image ne cesse en effet d’augmenter (+ 24 % en 2015 pour 3,27 milliards de dollars en chiffre d’affaires), selon le rapport Hiscox (pdf). Alors que les galeries traditionnelles peinent encore à vendre directement en ligne, les start-up de l’art s’engouffrent dans ce marché prometteur.

  • Les plateformes qui tournent le mieux, comme l'Américaine Artsy, permettent d’acheter par internet des pièces provenant de galeries ayant pignon sur rue.

Derrière les oeuvres très chères des grands salons d'art contemporain, un monde disparaît. Celui des petites ou moyennes galeries dont la rentabilité est trop difficile aujourd'hui à assurer.

D'un côté la concentration des acteurs marchands liée à la mondialisation, de l'autre une nouvelle donne issue de la révolution numérique.

 

Beaucoup d'idées, de nouveau outils, de lancements et... des entreprises qui n'existent plus tel Artvizer qui s'affichait, il y a trois ans, comme le nouveau réseau social de l'art. Mais aussi des pistes révolutionnaires comme l'impression d'oeuvres en 3 D pour les malvoyants développée par Unseen Art  ou la fin de l'opacité du marché grâce à la technologie des blockchains ( Verisart) par la création d'un registre de toutes les oeuvres d'art. Reste - et ce sera le plus dur - à changer les habitudes culturelles.

 

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Mathilde Le Roy, fondatrice de la start-up française KAZoART, explique sa démarche sur BFMTV(mars 2016)

Table ronde à la Gaîté Lyrique en 2012.

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