Pour différentes raison, le corpus d’images de la photographe franco-américaine n’a été dévoilé au public que tardivement. Madeleine de Sinéty (1934-2011) est l’autrice autodidacte d’environ 50 000 clichés qui datent des années 1970 réalisés à Paris, en Bretagne et aux Etats-Unis.
C’est surtout dans le pays breton, à Poilley (Ille-et-Vilaine) qu’elle va produire son œuvre la plus originale. On y découvre pendant une décennie la vie d’un village et ses habitants, le travail de la terre, le ramassage des pommes, les animaux des fermes, les enfants qui naissent, les « anciens » qui les accueillent dans leurs maisons en granit, les rires et les pleurs. On devine une solidarité qui unit tout ce monde.

De ces images documentaires réalisées au jour le jour, sans programme défini à l’avance, s’y lit une vérité sociale, mais pas forcément sociologique, dans la mesure où on comparerait cette démarche avec celle d’Edgard Morin, chercheur au CNRS et sa célèbre étude sur la ville de Plozévet dans le Finistère (La Métamorphose de Plodémet, 1967).

Exemples de photographies documentaires, ces images en couleur demeurent du point de vue photographique très simples, des moments photographiques pris sur le vif, sans technicité. Elles interrogent par ailleurs notre perception symbolique, idéalisée (?) de la vie à la campagne, ces "communautés" non urbaines.
Non destinées à l’origine à être montrées dans les institutions culturelles, les photographies de Madeleine Sinéty se lisent, à l’instar de son journal intime inséparable de son travail photographique, à la manière d'une narration spontanée et humaniste !
Madeleine de Sinéty. Une vie, Jeu de Paume, jusqu’au 27 sptembre 2026
Toutes les images : Madeleine de Sinéty, Guingamp–Paimpol, 1971© Succession Madeleine de Sinéty
