paul hervieu

Paul Hervieu (1857-1915), romancier, dramaturge.

Lettre autographe signée adressée à « ma grande et chère amie », probablement Sabine Mancel, dramaturge, parolière, qu’il nomme « Sabine » dans la lettre. 4 pages in-12. Paris, 26 novembre 1901. Adresse estampée.

Longue lettre d’amitié donnant des informations sur la vie de Paul Hervieu, ses projets et sur Sabine Mancel. Le comédien Henry Mayer et son père sont cités.

« Ma grande et chère amie,

Votre belle lettre – adressée aux Français – ne m’y a été remise que lorsqu’il ne m’était plus temps de vous écrire à l’adresse que vous me donniez. Votre séjour à Berlin finissait. J’avais, du moins, eu par Paul votre adresse à temps pour répondre par dépêche à votre exquise dépêche, et aujourd’hui, il y a une heure, j’ai eu, de votre fille, l’adresse dont je me sers, et, qu’à l’Odéon, elle m’a donnée, avec la plus superbe et la plus charmante des mines.

La rude Moscou, que vous m’avez fait si étrangement voir, paraît s’est mise en marche sur Paris. Les neiges sont amoncelées déjà dans notre ciel ; et c’est fichu, un de ces jours, de faire rester les gens chez eux, sur le coup de huit heures du soir, plutôt que d’aller avoir froid aux pieds devant les guichets.

(…) « quand on a une pièce sur l’affiche, on voudrait que le décret de Moscou, révisé, décidât qu’il n’y aura plus d’hiver, ni d’été surtout. »

Il serait bon encore, et bien doux, que les pouvoirs publics fussent assez forts pour édicter, un autre, que lorsque l’on une adorable et géniale amie, elle sera là, malgré toutes les distances, toutes les combinaisons, pour qu’on (…) lui serrer la main pendant qu’on goûte, un instant, de la chance. Mais si bien loin que vous fussiez, ma chère Sabine, votre cœur a sur être près, bien vite, et m’a donné à lire son témoignage. Merci !

Non seulement, je ne me suis pas encore remis à du vrai travail ; mais j’ai des envies de pleurer, quand je contemple et constate tout ce que j’ai d’arriéré à régler, de broutilles promises, d’obligations officielles à mener à terme. Je vais (…) à de promotion dans les ministères, etc., etc.

Je ne me mettrai à du théâtre qu’en mars, lorsque j’aurai inauguré la statue de Victor Hugo, et résigné mes fonctions de Président de la Société des Gens de Lettres. A ce moment-là – et bien avant j’espère – je vous aurai revue. Ce que vous voudrez bien en pouvez me dire des vastes projets que m’a vaguement esquissés votre plume m’aidera à voir dans la direction de mes propres projets, qui commenceront alors à se débrouiller. Ai-je à vous apprendre quel souvenir émerveillé, délicieux veille, en moi, de ce que votre talent m’a prodigué ! ?

A bientôt, n’est-ce pas ? Laissez-moi mettre en vos mains les baiser de mon admiration et de mon affection. Votre Paul Hervieu.

J’ai accompagné à Henry Mayer [1857-1941, acteur, sociétaire de la Comédie-Française] ce que vous me disiez de son père. Et j’ai vu là une bien touchante joie fraternelle. Voulez-vous bien vous charger de mes remerciements pour Monsieur Mayer, et pour les artistes qui, à vos côtés, portent si vaillamment dans le monde, ma cause, votre cause, du Flambeau ? »

Prix : 220 euros

Paul Hervieu

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