André Salmon (1881-1969), écrivain, poète, critique d’art.

 

Lettre autographe signée à Frédéric Lefèvre, fondateur et rédacteur en chef des Nouvelles Littéraires.

 

2 pages in-8. Dimanche, [30 avril 1928, cachet de la poste]. Avec enveloppe.

 

Belle lettre, étape d’une discussion qu’il a avec Frédéric Lefèvre. André Salmon précise des réponses. Il  donne quelques précisions sur le surréalisme, ses poèmes et le journalisme. 

Dans la marge, il écrit « André Salmon, envoyé spécial du Petit Parisien, Hôtel Bristol à Colmar, Haut Rhin »

 

« Cher ami,

Un mot encore ?

Je voudrais bien préciser mon sentiment sympathique envers l’espérance surréaliste, même si je crois qu’ils ont tant de choix dans le système.

C’est de la confiance dans les images (notre foi de 1905) qu’ils se réclament, non de nous-mêmes.            

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Mes poèmes d’après-guerre, épopées de circonstances sont nominalistes dans Saint André le Poète nominaliste dit le Prologue.

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Mes poèmes tels que Prikaz caractérisent l’entrée en jeu de la passion à des titres égaux à ceux de la raison.

C’est de quoi naîtra le monde nouveau et c’est la seule invasion de l’Orient.

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Journaliste, un mot pour [Léon] Bailby qui nous a appris notre métier et a favorisé nos audaces extra-journalistiques.

Aujourd’hui le temps n’est plus des rubriques de luxe mais le journal littéraire c’est le journal dans lequel tout est écrit, ainsi du Petit Parisien où, d’ailleurs, les lettres et les mots sont défendus du point de vue le plus généralement pratique. Effort de distribution des idées à la foule.

Pardon de cette rallonge qui n’est qu’une suite de points sur mes I mal (...?)

Merci !

A vous

André Salmon

J’aurais bien plaisir à vous voir parfois, si les heures vous autorisent (….) le lundi

 

Je trouve une canne. Est-ce la vôtre ? Si je ne partais dans l’instant, je vous la porterais. Faites-la réclamer. Il y aura toujours quelqu’un à la maison. »

 

Prix : 220 euros